Le monde englouti
La brève durée de la vie individuelle est trompeuse. Chacun d’entre nous est aussi vieux que la totalité du royaume biologique, et nos systèmes sanguins sont des affluents de la grande mer de sa mémoire globale.
La Terre entière, qui est devenue une véritable fournaise, est submergée par les eaux. Kerans, un biologiste, s’apprête à partir de la lagune où le laboratoire de recherches qui l’emploie était basé. Mais il n’en a tout simplement pas la moindre envie. Pas plus que Béatrice Dhal, résidente du lieu.
La forme: un style dense, intense; impressionnant; un seul petit bémol: peut-être un peu trop d’adjectifs?
Le fond: une dérive humaine où les motivations humaines se trouvent confrontées à une vérité plus archaïque; la maîtrise du propos, par Ballard, est sans faille.
Au final, un roman âpre commis par un vrai écrivain.
C’est pour moi.
Le monde englouti, J. G. Ballard, FolioSF n° 387.