Les démons de Paris
Elle s’arrêta. Ses yeux si charmants se voilèrent.
- Car je suis bien au paradis, n’est-ce pas?
Joseph lui prit la main. C’était celle d’une poupée de porcelaine mais il essaya de la réchauffer un peu. Il approcha son visage comme s’il allait dire un secret.
- Où êtes-vous? Qu’y a-t-il autour de vous?
Il y eut un silence. Joseph s’imaginait qu’elle tournait la tête et regardait autour d’elle.
Joseph, jeune prêtre qui dialogue avec les morts, va se retrouver propulsé au beau milieu d’un complot mêlant politique, communisme et démons du Tartare.
La forme: correcte à mes yeux. Peut-être une gestion psychologique des personnages un peu rapide et prévisible, et quelques insistances formelles (les fameux « implexes« ) inutiles, au bout du compte.
Le fond: une approche et un traitement originaux de la mort. Mais surtout, surtout, une réelle générosité d’écriture. Depotte croit à ce qu’il écrit et y prend du plaisir. Et pour moi, c’est essentiel.
Au final, un roman captivant. Depotte est à sa place dans sa propre histoire. Il ne s’écoute pas écrire, il nous entraîne avec lui.
C’est pour moi.
Les démons de Paris, J.-P. Depotte, FolioSF n° 396.