06/02/2011 — 09:13
Je ne peux résumer ce livre puisque je ne l’aurai pas lu en son entier.
La forme: solide, même si les protagonistes semblent tous tombés du même moule; tout le monde a quelque chose à cacher, intrigue. Le champ des personnages n’est pas assez aéré à mon goût.
Le fond: pour ce que j’en ai lu — je me suis arrêté à la page 250 —, je n’ai pas perçu un horizon d’attente irrésistible, d’où mon abandon en cours de route; j’ai 51 ans et une gestion du temps moins élastique par la force des choses. De plus, et c’est à mes yeux dommageable, aucune présence féminine digne de ce nom, c’est-à-dire ni ressemblant à une immonde barrique, ni pré-nubile. Dans un roman d’aventures, au bout de tant de pages lues et alors qu’il m’en aurait resté 750 à tourner, c’est pour moi rédhibitoire.
Au final, un roman à côté duquel j’ai choisi de passer.
Ce ne pouvait pas être pour moi.
Gagner la guerre, J.-P. Jaworsky, FolioSF n° 388.
Commentaires fermés | Romans
02/01/2011 — 18:32
La brève durée de la vie individuelle est trompeuse. Chacun d’entre nous est aussi vieux que la totalité du royaume biologique, et nos systèmes sanguins sont des affluents de la grande mer de sa mémoire globale.
La Terre entière, qui est devenue une véritable fournaise, est submergée par les eaux. Kerans, un biologiste, s’apprête à partir de la lagune où le laboratoire de recherches qui l’emploie était basé. Mais il n’en a tout simplement pas la moindre envie. Pas plus que Béatrice Dhal, résidente du lieu.
La forme: un style dense, intense; impressionnant; un seul petit bémol: peut-être un peu trop d’adjectifs?
Le fond: une dérive humaine où les motivations humaines se trouvent confrontées à une vérité plus archaïque; la maîtrise du propos, par Ballard, est sans faille.
Au final, un roman âpre commis par un vrai écrivain.
C’est pour moi.
Le monde englouti, J. G. Ballard, FolioSF n° 387.
Commentaires fermés | Romans
21/12/2010 — 16:20
— Dans combien de temps serons-nous sortis?
— Ça dépend, repondit Vaast. As-tu encore l’énergie de te battre?
Astasie repensa aux quelques trente cadavres qu’elle avait laissés près des archives.
— J’ai toujours de l’énergie pour me battre.
Les ténèbres règnent sur Terre et cinq quêteurs adolescents, parmi d’autres, tentent de mettre la main sur l’Etoile du matin pour faire triompher le retour de la Lumière.
La forme: des paragraphes trop peu aérés à mon goût et un style bien trop linéaire, dont le rythme ne s’adapte pas suffisamment à l’histoire; la gestion de l’espace purement physique des scènes est confuse. Tout se tasse sur un seul plan, pour moi.
Le fond: des dei ex machina (structurels et psychologiques) qui affaiblissent la crédibilité des personnages; une Guide, Spérance, bien trop falote à mes yeux; une Inquisitrice, Astasie, beaucoup mieux réussie — le dialogue opposant cette dernière au Cardinal Stole possède un souffle indéniable. La clarté du message aurait gagné à être plus affirmée, dans un sens ou dans l’autre.
Au final, un roman que j’ai au moins lu jusqu’à son terme.
Ce n’est pas pour moi.
Dehors les chiens, les infidèles, Marion Mazaurette, FolioSF n° 381.
Commentaires fermés | Romans
30/11/2010 — 12:27
« Nous allons tous crever ici, se lamente Matthew. Cet endroit va nous dévorer vivants!
— Nous sommes déjà morts, mec. Il faut t’y faire, rappelle Seven. »
Evadés de l’enfer suit le parcours de 3 hommes et d’une femme qui se réveillent, après leur mort… en Enfer. Puisqu’apparemment ils méritaient d’y croupir.
La forme: redoutablement efficace et parfaitement adaptée au récit. L’histoire est équilibrée de A à Z.
Le fond: un enfer finalement très convenu à mes yeux, un mélange assez prévisible de plusieurs figures de l’inconscient collectif chrétien. Pour les amateurs et les sympathisants du genre.
Au final, un roman aux prétentions difficilement cernables en ce qui me concerne, parce que trop, beaucoup trop éloigné de mes univers de lecteur. Deux ou trois Enfers, autant de Paradis dérisoires, me séparent de Duncan.
Ce n’est pas pour moi.
Evadés de l’enfer, Hal Duncan, FolioSF n° 382.
Commentaires fermés | Romans